Dormir sereinement dans un monde absurde

Hier soir un reportage à la télévision dénonçait la vente de petites filles aux enchères. Un trafic sexuel révoltant. De quoi être en colère contre les hommes et la terre entière.

« Le monde tourne mal » d’Axelle Red ou bien « J’y pense et puis j’oublie, c’est la vie c’est la vie… » de Monsieur Dutronc. J’hésite. Lexomil ou Inexium ? Non merci. Ces deux molécules que l’on prescrit comme des bonbons pour se détendre et digérer tout ça.

Toutes ces informations que l’on reçoit, plus violentes les unes que les autres, ces gens qui critiquent tout derrière leur écran, qui ne sont jamais content, qui s’insultent pour un oui pour un non, sans conscience de leur impuissance ou leur frustration.

En bas de chez moi vers minuit, il y a des sans-abris surpris par le froid, un homme égaré qui crie de douleurs, sa femme est une connasse, ça fait une heure qu’il nous le dit. Embrouillée par tout ce bruit, je ne supporte plus les talons de ma voisine à sept heures du matin ou le réveil de mon chum qui sonne toutes les dix minutes mais qu’il n’entend pas.

Le sommeil est fragile, ballotté entre notre seuil de tolérance vis-à-vis des autres et notre capacité à être égoïste dans notre lit douillet, bien au chaud sous la couette. Dormir vraiment, j’y arrive peut-être un jour sur deux ou trois.